.... Il est donc 19 h 30, il fait noir et on est en rase campagne... On longe le golf.... et quelques écuries. Au sortant d'un virage, M. Ciboulette gu**** "Nom di Diou quekcekça ????... Mais sont malades ! Zont lâché les chevaux en pleine nuit !!!!" ![]()
En effet, deux chevaux galopent vers nous, attirés par la lumière des phares... Poursuivis par leur lad en gilet fluo qui mouline des bras pour faire arrêter la circulation et hurle après ses bêtes... ce qui n'a pour seul effet, que de les faire galoper encore plus vite.... vers nous,et franchement, ça nous emballe pas plus que ça... ![]()
De plus près, on constate qu'il s'agit d' une jument et de son poulain... Leur lad, une jeune fille, jure comme un charretier après le c** fini qu'a oublié de refermer la barrière derrière lui, la laissant seule dans cette poursuite infernale ! Craignant pour la sécurité des bêtes, du lad à couettes... et la nôtre, M. Ciboulette décide qu'il est temps de stopper les fugueurs... Tout warning clignotant, il se met à slaloomer à la rencontre des fugitifs... Un coup dans le zig, un coup dans le zag.... Je commence à chouiner qu'il vaudrait mieux appeler la maraîchaussée, et qu'on est pas équipés pour la manoeuvre.... M. Ciboulette me prie ... de me tenir à carreaux : il sait ce qu'il fait. !![]()
A force de zigs-zags, la jument finit par piler net... C'est notre soir de chance, pour l'instant pas le moindre véhicule à deux ou quatre roues ne vient perturber la manoeuvre... Le poulain se colle à sa mère... pas gracieuse pour un sou... Sentant l'embuscade, la bête se cabre et se met à hennir de manière peu symathique... Je maintiens ma postion : faut appeler police-secours... M. Ciboulette rétorque que dans ce coin perdu, ça m'étonnerait qu'ils nous trouvent, et qu'à... trois, on devrait y arriver... Comment ça A TROIS ????![]()
M. Ciboulette : "ben toi, moi et elle !"
Je proteste : "chuis agent recenseur, chuis pas cow-boy !"
J'ai pas le temps de développer mes arguments, que le lad à couettes, après avoir sauté le fossé, arrive à notre hauteur... et demande à M. Ciboulette s'il lui serait possible de pousser les bêtes vers le renfoncement.... là... où ça là ???.... ben là quoi... Sitôt dit, sitôt fait, M. Ciboulette passe la première et roule doucement vers les bêtes, les forcant à reculer vers le point indiqué... La manoeuvre s'exécute sans trop de mal.... Pendant ce temps, le lad à couettes s'approche le plus doucement possible de la bête de plus en plus énervée... En une fraction de seconde, elle saisit le licol de la jument, qui pour le coup, se fâche tout net et flanque des ruades terribles... M. Ciboulette bondit de la voiture... et court prêter assistance... Quelques ruades plus tard, la bête finit par se soumettre.... mais le poulain, lui, n'est pas décidé à se laisser faire pour autant... Profitant de l'attention portée à sa mère, il bondit par dessus le talus, et part au gand galop dans la nuit !!!
La lad à couettes est horrifiée, si l'on a évité l'accident jusqu'à présent, la situation risque de nous échapper totalement, si le poulain n'est pas rattrappé au plus vite.... Avant que j'ai eu le temps de réagir, on me colle le licol de la bête dans la main et on me prie de ternir ferme ! Je plante le décor : moi dans la voiture, vitre baissée, tenant le licol... et la tête de la jument... dans la voiture.... J'en mène pas large, de ma vie, je n'ai jamais vu un cheval de si près... En plus, elle a une haleine de coyotte et refoule tellement du goulot que j'ai mal au coeur... Pour pas la vexer, je fais comme si de rien n'était et j'essaie d'avoir l'air le plus naturel possible... En plus, elle a l'oeil noir, et me montre ses dents... Discrètement, je passe le licol de ma main droite à ma main gauche, et glisse ma main droite sous mon siège, histoire de reculer celui-ci au maximum et de retrouver un minimum d'espace vital...
Pendant ce temps, le poulain s'est barré dans les bois, poursuivi par M. Ciboulette et le lad à couettes ![]()
.... A suivre...