... La tempête a rugi toute la nuit, faisant trembler les volets et plier les arbres... Elle a tant rugi, nous faisant craindre de ne pouvoir être présents pour cet A-Dieu... Elle a rugi, s'est essoufflée et puis s'est tue.... A midi, nous prenions la route pour rejoindre notre chère Anne et ses petites fées et avec elles, faire un bout de conduite à Jean-Noël vers la maison du Père...
D'avance, je le savais, ce ne serait pas triste. Emouvant, oui, mais pas triste, un peu comme des amis qui se quittent sur le quai d'une gare, se promettant de se revoir... Non, ce n'était pas triste, parce que c'était beau et que ce qui est beau n'est jamais triste...
La petite église Saint-Pasquier était pleine de tout ceux qu'Anne et Jean-Noël aiment... Oh, bien sûr, tout le monde n'était pas là physiquement, mais les murs de la petite église résonnaient de leurs pensées et de leur affection pour Jean-Noël, Anne, Maylis, Diane et Ines....
Les deux heures de cette magnifique Messe ont été une trève, une halte, une parenthèse dans nos petites vies... Elles ont passé, puis est venu le temps pour nous de confier Jean-Noël à son Père.... Un rayon de soleil a frappé les vitraux... et Jean-Noël est parti.... mais dans chacun de nous, il a laissé sa trace... Il a laissé sa trace, et surtout, il nous a dit : "ne m'oubliez pas, je vous laisse Anne et mes petites fées, en prenant soin d'elles, vous me resterez fidèles..."
Un instant après, nous étions sur le parvis sous un rayon de soleil... Allais-je oser ou pas... J'ai contourné le fourgon mortuaire.... Je me suis approchée... Anne était au centre... Grande, belle, juste un peu fatiguée, ses trois petites accrochées à elle... Je m'approche encore... Anne tourne la tête et m'aperçois... Ses yeux bleus me fixent et me sourient... Je m'approche encore.... Ses yeux bleus m'encouragent.... Je la rejoints enfin... Elle me scrute.... Je bafouille : "c'est moi... Ciboulette..."... Ses grands yeux bleus rient, elle m'étreint et me dit "Oh Mon Dieu tu es venue... je suis si contente...." .... et je pleure tout contre elle.... Elle me console, et me dit : "ne pleure pas, il est heureux... à très vite..."
M. Ciboulette lui a envoyé un baiser, ses lunettes de soleil cachant son émotion... Oui, chère, très chère Anne, à très vite, à très bientôt...
Nous sommes partis... Le ciel s'est fait sombre à nouveau... Et soudain, au loin... un arc en ciel... puis deux... nous ont ouvert le chemin... Je suis sûre que c'était un signe de Jean-Noël...
Papa et Maman Brodent avaient raison dimanche soir quand ils m'écrivaient : "Une fois rencontrée, on ne peut oublier Anne, elle fait partie de vous.... C'est extraordinaire..."
Oui, Anne et Jean-Noël nous ont pris dans les filets de leur Amour... Heureux que nous sommes de LES avoir rencontrés à temps... ![]()