Un petit ministre vit un jour un président
Qui lui sembla de belle taille
Lui, qui n'était pas grand en tout, comme un nain de jardin,
Envieux, il se gonfle, s'enfle et s'élance
Pour l'égaler, voire le surpasser,
Et partout de chercher
Des amis influents
Pour flatter son ego
Et lui dire qu'il est beau
Et même intelligent
Et d'un air ingénu, mendier
Avis et compliments
Et de sonder les fonds
Dans de grandes élections
"Suis-je assez beau, assez grand pour être président ?"
"Nenni !" lui répond-on...
Et lui, tout dépité
Encore de se hisser
"Et là ? Avez-vous vu mon yacht, ma femme et mon palais ?
N'est-ce donc pas assez ,
Pour être aimé des français ?"
"Nenni, vous n'y êtes point, il vous faut progresser !"
Et lui, pauvre naïf
Se hisse sur ses ergots
Et pérore toujours plus haut :
"Et ainsi ? Ne suis-je pas le plus beau des hôtes de ce palais ?"
Le peuple et ses amis
Que tant d'orgueil contrarie
Lui lancent ce défi :
"Si demain vous épater la Reine d'Angleterre,
De vous, nous tous, nous serons tellement fiers !"
Excité par l'enjeu
Il s'exerce tant qu'il peut
A gonfler ses poumons
Bien trop que de raison
Et la Reine, à ses pieds
Le vit s'enfler, gonfler
Et soudain exploser
Et la perfide Albion
Comme de Napoléon
De lui, eût bien raison !
